Confinement

21 mars 2020

Confinement :jour 3

Mon compagnon m'a signalé qu'il ne restait plus beaucoup de clopes. Nous allions donc devoir faire des courses.

Nous n'avons pas choisi à la courte paille qui se rendrait dans ce nid à microbe qu'est le magasin. Non, j'étais la personne qui avait la meilleure immunité et donc c'était à moi qu'incombait ce devoir.

La procédure était clair, le magasin devait se limiter à un certain nombre de personnes . Aussi, j'ai donc du faire la file avant de pouvoir y entrer. Nous devions tous avoir un caddie, même si n'y allions que pour acheter 2-3 trucs qui tiendraient dans les mains, cela nous permettrait de mesurer  cette distanciation sociale.

Sur les sols, des marquages pour ne pas avancer trop près des uns des autres.

L'ambiance était anxiogène, j'avais l'impression d'être dans un roman de science-fiction voir une dystopie.

Le silence régnait et tout le monde se méfiait des uns des autres. 

J'ai télétravaillé le reste de ma journée.

Recensement de jour: trop d'infectés et trop de décès encore. Pas le courage d'aller voir les statistiques. Je sais que la Belgique compte aujourd'hui 37 décès, qu'en Italie, il y en a eu plus de 600 et en Espagne, dans les 400.

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20 mars 2020

Confinement :jour 2

La journée a été à peu de chose près la même qu'hier. Je me suis principalement attelée à faire le ménage.

Le livreur de mazout est arrivé à l'heure où nous dînions. J'avais déjà commandé 1000 litres en janvier. Mais avec la crise sanitaire, la bourse avait chutée. Le prix du mazout n'avait plus été aussi bas depuis plus de 10 ans. Alors, oui, comme beaucoup d'autres, nous avons profiter du malheur des autres pour gratter quelques sous. Il n'y a pas de petit profit. 

Il n'y avait pas que le mazout dont la valeur chutait, c'est l'économie mondiale qui était mise à mal. Sauf quelques secteurs car les magasins de premières nécessités n'avait jamais atteint un chiffre d'affaire aussi important.

Certains produits pharmaceutiques , eux, augmentaient. Vous savez cette histoire d'offre et de demande.

Mon fils souhaitait réitèrer l'activité de la veille. Le ciel était couvert et quelques gouttelettes de pluie tombaient. Nous avons donc jouer avec lui au ballon dans la rue pour ne pas trop s'éloigner de la maison au cas où la drache débarquerait.

Le ciel était couvert mais la température était clémente. Nous avons passé un agréable moment.

Les rues étaient calmes et les gens étaient moins nombreux dans les magasins. En ce qui nous concerne, nous attendrons encore un peu avant de tester la nouvelle manière de fonctionner pour les courses.

Le soir venu, j'ai préparé le souper. Au moment où je devais ajouter dans ma recette du concentré de tomates, je n'en trouvais plus. Comment était-ce possible, j'en ai toujours quelques boîtes d'avance. Tout le monde était concentré sur la recherche du PQ . Cela m'avait-il déconcentré lors des dernières course? 

Finalement, le paquet de boîtes était tombé du tourniquet de l'armoire et j'ai pu finir la préparation du repas calmement. Néanmoins, il ne me reste maintenant plus que de deux boîtes, je dois le noter dans ma liste.

Mon compagnon et moi n'avons pas discuté ensemble du programme TV, il a mis Netflix et je pense que ni lui ni moi, ne voulions envisager de visionner le JT.

C'est alors que j'ai reçu un message de ma belle mère qui me demandait si j'avais vu le reportage au JT. Étant donné que non, je la recontacte. Je m'attends à de nouvelles mesures mais elle m'explique avoir vu un reportage sur un hôpital d'Italie. C'était grave, elle pleurait au téléphone.

Nous avons donc lancé le Replay du JT. Effectivement, ma belle mère n'avait pas menti. Le personnel soignant expliquait leurs conditions de travail, leur épuisement, leur inefficacité face au virus, leur manque de moyen. Ils expliquaient la mort. J'ai aussi pleuré. Les gens mourraient dans des conditions atroces. L'ensemble du personnel soignant était devenu des soldats en guerre contre un ennemi invisible, vicieux et criminel.

J'ai été border mon fils au lit. Je le regardais, lui, l'avenir. 

Recensement : (liste non exhaustive)

222.643 personnes infectées dont 9.915 décès

Chine: 81.155 dont 3.245 décès 

Italie:35.713 dont 2.978  décès. 

Iran : 18.407 dont 1.284 décès 

Espagne: 15.014 dont 640 décès

France: 9058 dont 243 décès

Belgique :1.795 dont 21 décès

Les chiffres sont recensés à 15h, nous apprenions le soir que le nombre de décès en Italie avait dépassé celui de la Chine.

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19 mars 2020

Confinement : jour 1

 

Aujourd'hui était le premier jour d'une longue période d'isolement.

Hier, notre ministre Sophie Wilmes nous annonçait un confinement en Belgique. Même si le mot "confinement total" a été largement utilisé dans les médias, il n'en n'est encore rien car nous avons encore la possibilité de sortir au grand air, nous promener pour autant que nous respectons certaines règles strictes.
Depuis aujourd'hui, mon employeur autorisait le télétravail. Je me suis levée à une heure respectable. En effet, je me devais d'être joignable dans les heures de bureau, j'ai répondu à mes appels professionnels et mes mails.

Mon fils s'est réveillé en pleurs pendant que j'étais au téléphone avec une de mes bénéficiaires. Je suis assistante sociale dans un service public. Le télétravail avec un enfant de 4 ans à mes côtés va demander de la souplesse et de la créativité. Je me suis ensuite attelée à me préparer un bel espace de travail au sein de la maison familiale.

J'ai également reçu mon planning de permanence sociale, je me rendrai au service une fois toutes les quinzaines et recevrai les bénéficiaires derrière une vitre de plexiglas.

Dehors, le soleil brillait. Mon fils n'était quasiment plus sorti ces derniers jours. L'école a fermé depuis quelques jours déjà et n'est accessible que pour un système garde pour les enfants du personnel soignant prioritairement et les enfants dont les parents sont obligés de travailler et ne savent pas assurer un système de garde par leurs propres moyens.

Avec mon compagnon, nous sommes allés promener notre fils en vélo puis avons été faire un petit match de foot dans le parc, étant donné que cela est tjs autorisé. Puis, il fallait en profiter car une petite voix dans ma tête me dit qu'on ne pourra bientôt plus. En Italie, en Espagne, ils ne peuvent plus.


Nous avons également fait des appels vidéo à la famille car nous ne les oublions pas!


Le soleil était au rendez-vous, si le covid 19 n'était pas présent dans nos esprits telle une épée Damoclès au dessus de nos têtes, on aurait pu qualifier cette journée comme étant une belle journée.


Quelques jours plus tôt, sous l'impulsion d'une initiative italienne, j'avais créé un groupe sur Facebook avec ma soeur pour inciter les enfants à coller des dessins d'arc en ciel aux fenêtres au titre "Andrà Tutto bene" car tout ira bien. Oui nous vaincrons ce virus, c'est une certitude selon nos experts, mais qu'elles seront nos pertes humaines?

Nous avions conserver le titre en Italien, il faut les soutenir, c'est le second pays après la Chine à vivre tant de pertes.


Le journal local a publié un article sur notre groupe, mon nom n'est pas cité, seul celui de ma soeur l'est. Nous étions les co-pilotes et c'était bien avec elle que je souhaitais vivre cette aventure.  Elle est institutrice et ne manque pas de créativité. Si j'avais été meilleure en technologie, je n'aurais pas dû lui passer le relais pour créer physiquement le groupe et c'est mon nom qui aurait été cité. Je me suis sentie triste, oubliée mais l'instant ne se prête pas à l'orgueil. Et je me suis ressaisie.


J'écris ce journal de confinement car nous vivons une période historique et il ne faudra pas oublier. Non, surtout pas oublier. Notre mode de consommation, la gestion du pays, toussa, toussa... Il faudra en tirer des enseignements.


Aujourd'hui, j'ai encore vu des personnes se battre dans les magasins. Les gens confondent confinement et guerre. Heureusement qu'ils vivent le premier cas et non le second. Ils cherchent désespérément du papiers toilette, des pâtes, du riz,.. Ce qu'ils estiment être les denrées  de premières nécessités. Les magasins sont dépouillés, les personnes inciviques, elles ne suivent pas les règles de distanciation sociale, se mettant et mettant les autres en danger. Je pleure pour les travailleurs de grande surface qui n'ont même pas de gants (pour certain) , ni de masques pour se protéger de ces décérébrés qui se jettent sur les rouleaux de PQ.

 

Je ne sais encore si je partagerais le blog sur les réseaux sociaux, l'écrit et l'orthographe ne sont pas un talent chez moi.

Jour de confinement 1 : nombre total d'infectés dans le monde:205.452 dont 8.248 décès

En Chine: 81.102 dont 3241 décès

En Italie: 31.506 dont 2.503 décès

En Iran: 17.361 dont 1.135 décès

En Espagne : 13.910 dont 623 décès

En France: 7.661 dont 148 décès

En Belgique : 1.486 dont 14 décès

 

Tenez compte que les tests pour déceler les personnes infectées sont rares et seules celles nécessitants une hospitalisation sont testées. De ce fait, les statistiques du nombre de personnes infectées est faussée et bien en dessous de la réalité.

Posté par Dine B à 00:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]